Retour sur le Forum Mondial de l’Economie Sociale et Solidaire du GSEF du 29 au 31 octobre à Bordeaux.
Nicolas, consultant formateur à Transfairh y a participé nous partage son retour.
Salut Nicolas, pourquoi étais-tu au Forum ?
C’est la première fois que le Forum international se déroule en France. C’est un événement important, une vitrine de l’ESS en France. Nous sommes implantés en Nouvelle-Aquitaine, donc c’était essentiel pour nous d’y être représentés.
Qu’est-ce que tu en as retenu ?
L’organisation était top : plus de 7 000 participants venus de 100 pays différents pour partager des valeurs communes. On se rend compte que nous ne sommes pas seuls, qu’il existe une communauté mondiale autour de l’ESS.
Mais il y a aussi eu des signaux d’alerte sur l’avenir de l’ESS, en France comme dans d’autres pays, notamment les États-Unis.
J’ai ainsi assisté à une conférence le jeudi matin, “Quand une dystopie devient réalité : comment se situe l’ESS ?” — un moment fort. On y a parlé de la résilience face à la montée des régimes autoritaires, et des témoignages très touchants ont illustré la résistance et l’engagement des acteurs de terrain.
Face à ces bouleversements, où se situe l’ESS ?
L’ESS porte un autre modèle de société, fondé sur des valeurs humanistes, et c’est justement ce qui donne de l’espoir.
Dans les contextes autoritaires ou de crise, l’ESS peut être fragilisée, parfois même visée car elle incarne une force d’opposition. Mais elle est aussi une force de proposition pour poser les bases d’un modèle social et économique plus juste et durable.
Qu’est-ce que cela t’a donné envie de faire dans ton quotidien à Transfairh ?
On fait partie de l’ESS, et on travaille pour l’ESS. Il y a quelque chose de rassurant dans le fait de voir qu’on n’est pas seuls à agir dans ce sens.
En même temps, le constat que l’ESS traverse une période difficile me donne envie de réfléchir, collectivement, à la façon dont ce modèle peut devenir une véritable forme de contre-pouvoir — pas seulement dans la dénonciation, mais aussi dans la force de proposition.
Chez Transfairh on travaille justement sur cet accompagnement des structures : ne pas s’arrêter aux constats, mais aider à construire des réponses à l’incertitude.
La crise du Covid l’a prouvé : nous avons su rebondir, proposer, inventer. Aujourd’hui encore, nous continuons à être force d’action.
Quels sont les ingrédient pour rebondir ?
Ce qui m’a le plus interpellé de manière positive, c’est la puissance et la force de la jeunesse. Des jeunes engagés, porteurs de projets concrets, qu’il faut accompagner et ne pas laisser seuls.
J’ai particulièrement aimé une table ronde, où de jeunes militants ont témoigné de leurs expériences et de leur envie d’agir.
On a tout intérêt à valoriser cette énergie, mais aussi à renforcer le lien intergénérationnel, dans un esprit d’échange et d’apprentissage réciproque.
Le modèle coopératif est aussi porteur d’espoir : il fait vivre la démocratie au quotidien, pas seulement comme un concept, mais dans des pratiques concrètes et dans un partage du pouvoir, des savoirs, de la valeur-ajoutée. Les coopératives, par leur fonctionnement même, incarnent la coopération et la citoyenneté active.
Le défi de l’ESS pour aujourd’hui et demain : dans un contexte politique, sociétal et économique incertain, construisons ENSEMBLE l’ESS de demain, dans les valeurs et les modèles qui nous portent et qui donnent espoir en l’humanité et la fraternité.


